Défaillance des services publics, silence présidentiel, militarisation du pouvoir civil. Comment une gouvernance qui a négligé les besoins fondamentaux des citoyens a perdu le contrôle de la situation.
Un mouvement spontané mais structuré : « Nous ne sommes pas une génération sacrifiée ».
Source : Banque mondiale (2021), taux de pauvreté extrême mesuré au seuil de 3$/jour (PPP 2021).
Les coupures d'électricité se sont prolongées dans les grandes villes malgaches en septembre 2025, selon une progression continue : janvier — occasionnelles, avril — fréquentes, juillet — régulières, septembre — quotidiennes. Les infrastructures, défaillantes et vétustes, souffrent d'investissements publics en baisse significative dans le secteur énergétique. La pénurie d'eau chronique a privé de nombreux quartiers populaires d'eau courante pendant plusieurs jours consécutifs, sans réponse officielle aux pétitions de quartier ni aux manifestations pacifiques.
Le déclencheur de la révolte : une gouvernance qui a négligé les besoins fondamentaux des citoyens, privilégiant les grands projets d'image aux services essentiels.
Source : JIRAMA (société nationale d'eau et d'électricité).
Sept jours sans communication officielle au début de la crise. La chronologie : jours 1-4, manifestations Gen Z sans réponse officielle ; jour 5, premiers morts et silence du président ; jour 7, dissolution du gouvernement et communication tardive.
Le discours envers la Gen Z a été jugé infantilisant, sur un ton condescendant aggravant le sentiment de ne pas être écouté. Les commentaires ont été fermés sur les réseaux sociaux — supprimant les retours critiques et privant le pouvoir de visibilité sur les ressentis. Le framework de communication de crise (réactivité immédiate, transparence, empathie, cohérence) a été ignoré sur les quatre points, avec pour conséquence une escalade de la crise et une perte totale de confiance.
Cette jeunesse ne comprend pas les réalités du pays...
Allocution présidentielle, octobre 2025
Ce n'est pas moi, c'est le ministre de l'énergie qui a failli.
Discours lors du limogeage du ministre de l’Énergie et des Hydrocarbures
Selon l'ONU, au moins 22 morts sont à déplorer dans la répression des manifestations — un chiffre contesté par le gouvernement. Chronologie : environ 23 septembre, arrestation de deux conseillers municipaux ; 25 septembre, manifestation massive contre les coupures d'eau et d'électricité, puis pillages dans la soirée ; 29 septembre, dissolution du gouvernement ; 2 octobre, nomination d'un général (Zafisambo) comme Premier ministre ; 6 octobre, répression violente des manifestations ; 11 octobre, l'unité d'élite CAPSAT refuse d'obéir aux ordres de tirer.
La militarisation, loin d'apaiser la crise, l'a transformée en véritable poudrière institutionnelle.
Le mode réactif observé : réponses purement défensives, allers-retours conflictuels constants, déresponsabilisation systématique. Le mode proactif recommandé : anticipation des besoins citoyens, recherche de points de convergence, responsabilisation claire.
Le grand rassemblement à Ivato-Iavoloha : une mise en scène politique impressionnante suivie d'une absence totale d'actions concrètes — priorité constante à l'image plutôt qu'aux solutions tangibles, multiplication des cérémonies et discours sans suivi opérationnel ni amélioration des conditions de vie.
Pour être efficace, une communication de crise doit être planifiée en amont — le cas Madagascar illustre les conséquences d'une approche réactive plutôt que proactive. C.R.I.S.E : Communication + Réactivité + Information + Suivi + Évaluation.